La Newsletter de Louise Hourcade

Mes recos

#44 : Rentrée des classes

Debrief et découvertes de l'été (15 min de lecture)

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Louise Hourcade
sept. 07, 2025
∙ abonné payant

Chères lectrices, chers lecteurs,

J’espère que vous vous portez bien ! ❤️

Je suis ravie de vous retrouver après ces longues vacances. Je vous fais un petit débrief, mais n’hésitez pas à passer aux recos si vous êtes pressé·e.

Un mois sans travailler (ou presque), ça ne m’était pas arrivé depuis les étés interminables qui ponctuaient les années scolaires. Alors ranger mon ordi dans un tiroir et disparaître de la circulation, j’en mourais d’envie.

Loin du bruit, des odeurs et du stress parisien, mes journées se sont peu à peu remplies de matinées oisives, d’allers-retours à la bouée jaune, de lecture, de repas qui s’étirent, d’ateliers gâteaux, de nuits complètes, de bavardages nonchalants et de fous rires régénérants. Petit à petit, les courbatures, les ampoules, la morsure de l’eau glacée et la brûlure du soleil m’ont rappelé que j’avais un corps.

Une bonne partie de mon été a consisté à poser un pied devant l’autre, perdue dans mes pensées, les balises GR pour seule charge mentale. J’ai croisé plein d’humains mais aussi des centaines de vaches, des chevaux, des ânes, des rapaces, des marmottes grassouillettes, des bouquetins peu farouches et un petit hérisson que je n’ai pu m’empêcher d’effleurer du doigt (sur les traces d’Émilie). J’ai même téléchargé l’appli BirdNet, c’est vous dire si j’étais en osmose avec le vivant…

Bien sûr, j’avais complètement fantasmé ces longues vacances. Et comme vous pouvez l’imaginer, je n’ai pas été ivre de bonheur du 1er au 31 août :

Il y a eu ce petit coup de blues après 48h en famille, surgi lors d’un sempiternel débat sur les différences fondamentales entre les hommes et les femmes. L’une d’eux déclara fièrement qu’elle n’avait “jamais supporté se faire manager par une femme”, un autre que ces dernières “passaient leur temps à se crêper le chignon au bureau”… On m’a cloué le bec d’un “tu peux pas savoir, t’as jamais bossé dans une boîte” assez vexant, accusée de misandrie 30 secondes plus tard. En proie à une petite rage, j’ai quitté la table avec l’envie de me téléporter très loin.

Il y a eu une nostalgie douce-amère auprès de ma petite mamie, dès qu’un trou de mémoire, une maladresse ou un coup de fatigue inhabituels me rappelaient ses 90 ans. Combien de séances de guilis y aurait-il encore sur son dos écaillé et bruni ? Combien d’étés les jingles de Camping Paradis et des 12 coups de midi résonneraient-ils encore dans la petite chaumière ? Dès que j’étais seule avec elle pendant plus de 5 minutes, j’ai eu le coeur serré et un peu honte de me sentir aussi à fleur de peau.

Il y a parfois eu la soudaine et pressante envie d’être ailleurs. Genre, debout sur une table de bar, vêtue de 12 cm de tissu et mojito à la main, plutôt que dans un dortoir spartiate partagé avec Hervé, Ghislaine et Jérôme.

Et puis, la frustration de rencontrer peu de mecs de mon âge - à quoi servait-il d’être jeune, bronzée et décomplexée si c’était pour être aussi sage pendant les vacances ? “Où sont-ils ?”*, ce fut LE sujet d’une tablée de jeunes femmes dans un petit village de l’Aubrac. Henriette, Léonie, Ingrid, Fanny, Laurène, Honorine… Les prénoms semblaient tout droit sortis d’un roman de Marcel Pagnol. Hypothèse : en train d’actualiser leur Strava avec des selfies sur le GR20 et des ultra trails à 2800 D+ ;)

Vous allez croire que j’ai passé l’été au bord des larmes… Loin de là. Mais cette longue pause m’a redonné pleine possession de mes sens, disons, et l’impression de me promener sur tout le spectre des émotions.

Le blues de la rentrée ne m’a pas épargnée cette semaine, malgré un enchaînement de mariages très gais, alors j’essaye de me concentrer sur la farandole de plaisirs dont tous les rats des villes vont pouvoir profiter. Activités, cafés, expos, cinés, théâtres, teufs, concerts, flâneries dans les rayons des librairies et des marchés… Et ça y est, après 5 jours, les neurones reconnectent, les fantasmes de reconversion thème “montagne” s’estompent doucement et la joie du retour se fraye un chemin jusqu’à mon petit cœur.

Sans originalité, je me demande comment craquer l’équation magique et faire perdurer les bienfaits de l’été. Ça me fait aussi plaisir d’instaurer des petits changements, pour donner le change à l’impression d’éternel recommencement que me donne cette cinquième rentrée d’adulte.

Notes à moi-même :

  • Faire des gros dodos. Tous vos super conseils “sommeil” sont à retrouver ici en commentaires.

  • M’engager pour de vrai dans des activités. L’an dernier, je me suis laissée porter par le tourbillon de septembre, me condamnant à un an de verres en terrasses, de cours de gym en “pay as you go” et de programme à réinventer tous les dimanches soir. Cette année, je veux avoir chorale tous les mardis et me faire gronder quand j’arrive en retard.

  • Rendre service, même quand je suis stressée et pressée. Je suis assez perso de nature, pour tout vous dire, mais je dois reconnaître que donner des coups de mains génère des hormones de bien-être.

  • Passer du temps dans la nature. Virées aux bois de Boulogne ou Vincennes, à Chevreuse ou Fontainebleau, des week-ends au vert à pied ou à vélo. Pour m’aider : Les Others, leurs coffrets Recto-Verso, Chilowé.

  • Sacraliser les temps sans travailler. Après 4 ans à laisser le boulot grignoter le reste, j’ai enfin intégré que 1. ce n’était pas épanouissant pour moi, 2. je bosse beaucoup mieux avec une carotte au bout du tunnel, 3. en freelance, les vacances, ça s’organise ou ça n’arrive pas. Je réfléchis déjà à mes prochaines escapades et c’est très réjouissant.

  • Ralentir. Original, hein. Comme beaucoup de gens, j’ai tendance à faire trop de choses à la fois et me retrouver régulièrement au bout du roul’… Mot d’ordre pour cette année : apprendre à dire non.

Et vous alors ?? Comment s’est passé votre été ? Comment vivez-vous cette rentrée ? N’hésitez pas à me raconter (en commentaire ou par mail), ça me ferait super plaisir d’avoir de vos nouvelles !

Jessica Lisse

Si vous ne savez plus de quoi parle cette newsletter,

Voici une petite liste des formats que j’aimerais pérenniser / expérimenter dans les prochains mois. J’ai souvent tout mélangé, mais j’aspire à un peu de rigueur cette année. 🫡 Récap :

  • Les confessions intimes : là où je raconte ma vie & décortique les petits nœuds de mon cerveau.

  • Mes recos : mes découvertes culture, psycho, lifestyle ;)

  • Les sondages : des questions + vos réponses rassemblées sous forme de liste ou de témoignage choral (comme le chœur dans les pièces de théâtre antiques). Exemples : la liste de rage, les nouvelles amitiés, les envies d’automne, vos conseils de vie.

  • Le courrier du cœur : mes réponses à vos questions. Pas encore sûre d’être à l’aise avec la posture “coach de vie” - à voir.

Mais aussi……. 🥁🥁🥁

  • Les mini guides de voyage pour vous partager mes adresses & impressions après un séjour hors de Paris. À venir très bientôt.

  • Un bookclub mensuel pour cultiver l’amour de la littérature, et plus concrètement, me forcer à lire toute l’année. Ça fait des années qu’un gros fomo se fait sentir à chaque fois que j’entends parler d’un bookclub. C’est arrivé une 34ème fois cet été, quand Victoria Guillomon, qui vient de lancer une newsletter que je vous recommande, m’a annoncé qu’elle créait le sien.

C’est résolu. Mais avant de choisir un premier livre, une première date, je suis curieuse d’en savoir plus sur l’expérience que vous en avez et ce qui pourrait vous donner envie de rejoindre un bookclub virtuel. Je vous ai donc préparé un petit questionnaire, constitué à 99% de QCM.

Ce que je pense des bookclubs !!

Merci beaucoup pour votre temps et vos réponses !! 🤗🙏 Hâte de vous lire.

Jane Mount

Des podcasts, des bouquins, 3-4 recos théâtre pour septembre / octobre, une marque de fringues, un peintre norvégien… Et mes envies pour la rentrée. (Je me suis limitée pour vous éviter l’overdose).

  1. Je suis hyper ravie d’avoir découvert le podcast Les Lueurs. Je suis sensible aux thèmes traités (des questions existentielles, globalement) et je trouve les questions de Jonathan Langlois intelligentes, franches et courageuses. Quand bien même ses (rares) digressions sur la foi religieuse ne me parlent pas toujours, j’aime la dimension spirituelle assumée de ces échanges. Ça donne des discussions sincères, authentiques et profondes qui nous plongent dans l’intériorité de personnalités d’horizons variés. Épisodes adorés pour l’instant : Comment rester nuancé dans un monde radicalisé ? avec la rabbin Delphine Horvilleur, Comment vivre l’instant présent et vivre avec son temps ? avec la philosophe Sophie Galabru, et Hypersensible, comment assumer sa singularité ? avec Guillaume Gallienne.

  2. Dans ma valise, j’ai glissé un livre de l’espagnole Lucía Etxebarria dont j’avais aimé, il y a des années, le déjanté Amour, Prozac et autres curiosités. Celui-ci, intitulé Ce que les hommes ne savent pas - le sexe vu par les femmes, s’est avéré un recueil de nouvelles érotiques signées par l’écrivaine et ses copines artistes. Le livre s’ouvre sur une préface pleine de bon sens sur la distinction, selon elle artificielle, entre érotisme et pornographie dans la littérature. Cette préface est suivie par douze nouvelles érotiques bourrées d’imagination, d’humour et de fantaisie… Et assez émoustillantes, en ce qui me concerne. Extrait de la préface :

L’érotisme n’est en réalité qu’une pornographie de luxe, habilement conçue et mise en valeur pour une classe de consommateurs plus sophistiqués. La différence est la même qu’entre une call-girl et une fille qui fait le trottoir : la première est plus chic, mais les deux fournissent les mêmes services. Ce sont surtout les intellectuels qui ont tendance à appeler “érotisme” ce qu’ils produisent ou codifient, afin de laisser entendre qu’il y a derrière une personnalité supérieurement intelligente.

  1. De quoi égayer vos derniers trajets en train : ces deux épisodes du podcast Affaires Sensibles consacrés à la dissolution de juin 2024 et aux mois de chaos politique qui l’ont suivie. J’ai a-do-ré me plonger dans les coulisses du pouvoir avec ce récit jouissif, rythmé par les extraits d’archives, les anecdotes ultra croustillantes et les détails savoureux dont on se demande par quelle fissure ils sont sortis des murs de l’Élysée. La voix légendaire de Fabrice Drouelle et la qualité d’écriture comptent pour beaucoup. Un super feuilleton-documentaire qui aborde les grandes questions posées par cet événement inédit : pourquoi cette dissolution ? Qu’a-t-elle révélé de Macron et de son entourage après 7 ans au pouvoir ? Merci à mon copain Arthur pour la reco 🙏

  2. Au fil de mes sessions de scrolling Vinted, je me suis découvert une passion pour les pulls Bellerose - leur qualité, les couleurs sobres, les rayures... Mood #hygge. J’en ai déniché deux à moins de 45€ chacun, et je les porte tout le temps.

  3. Je savais que Bonne Table était un super projet mêlant cuisine maison, bio, locale et réinsertion professionnelle, pas encore que c’était délicieux, très sain et bien consistant. Leurs restaus sont dans les 1er (sur les quais), 8e et 9e arr de Paris. Ne vous privez pas de leur cookie à tomber par terre ! 🍪

  4. L’année dernière, j’ai vu et adoré cette adaptation de Marius, de Marcel Pagnol, par Pommerat. Marius, c’est un jeune homme tiraillé entre son devoir de fils, son amour pour Fanny et son désir d’évasion. Pour cette pièce, le génial metteur en scène a réuni des comédiens de sa compagnie et d’autres ayant découvert le théâtre en milieu carcéral. Pari réussi ! Une petite merveille aussi émouvante que drôle, comme toujours chez Pommerat.📍Au Théâtre du Rond-Point du 18 au 28 septembre.

Marius, adapté par Pommerat
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