#47 : Pot-pourri d'automne
Deux pièces, trois romans, un bar-boîte, du maquillage, une conf’ en ligne, une journaliste, moult podcasts, restaus, chansons… + plein d'idées de cadeaux.
Hi sweetie pies,
J’espère que vous allez bien !
Ici, ça roule. J’ai passé les dernières semaines à me lover dans les douceurs de l’automne : une série aussi sensuelle que délicate, des légumes orange à la chair fondante, ma couette enveloppante, le timbre hypnotique de l’œuvre étrange qu’on travaille à la chorale (je veux bien croire que ça fasse vibrer mon “nerf vague”), les dîners dans des salons feutrés, les grasses mat’ dans les bras d’un petit mec…
J’aurais aimé que ma saison pref’ dure 6 mois… mais ça y est, les arbres sont tout nus, les décos de Noël sont partout et il faut réfléchir aux cadeaux.
En parlant de cadeaux. Mon petit cerveau fume déjà à la perspective de partir à la chasse aux infos pour savoir qui a lu quoi ou de trouver LA bonne idée parmi un océan d’options, en temps et budget limités bien sûr. Les chances restent élevées de me retrouver à la Fnac des Halles le 24 au milieu d’une marée humaine à filer des palpitations cardiaques aux plus zen d’entre nous…
Avis aux personnes capables d’anticipation : Géraldine Dormoy a partagé une sélection soignée et personnelle d’objets utiles et jolis à moins de 50€. La youtubeuse Coline aussi (les liens sont dans les com’ sous sa vidéo). Et les esthètes apprécieront la dernière édition de la newsletter Patchwork. Philippine Sander y présente une très chouette sélection d’objets malins, poétiques ou étonnants à partir de 9,50€, ainsi que des adresses où trouver son bonheur. Quand bien même vous comptiez miser sur la pâte à sel cette année, ça fait du bien aux yeux.
Ce n’est pas du tout l’objet de cette news, mais moi aussi j’ai des idées ! 35 pour être précise, mais voici mon top 5 :
Une place pour un spectacle Live Magazine
Un guide des Éditions Génépi pour naviguer dans les eaux troubles de la vie étudiante, du deuil, des premières nuits de parent…
Les cultissimes coffrets Recto Verso
Une carte cadeau pour les cours du soir Off-Campus, à Paris
… La suite en fin de news.
Tout ce qui a retenu mon attention plus de 8 secondes ce mois-ci.
C’était ma grosse claque théâtre de la saison. La Guerre n’a pas un visage de femme, adaptation du livre de Svetlana Alexievitch par Julie Deliquet au TGP de Saint-Denis… et programmé à Nice, Reims, Saint-Étienne, Toulouse, Lyon, Perpignan, Caen, Lille… En 1985, alors que la guerre avait été racontée exclusivement par les hommes, la romancière biélorusse recueille les témoignages des femmes russes qui ont combattu pendant la Seconde Guerre Mondiale. Restitués par 9 comédiennes éblouissantes d’authenticité, ça donne un récit polyphonique bouleversant, dont ressort un vrai travail de mémoire. Au fil de cette longue conversation de cuisine, on comprend comment les femmes ont vécu la guerre : l’envie viscérale de s’engager, ce que deviennent les assignations de genre une fois sur le front, la prédation exercée par les hommes de leur camp, l’ingratitude qui sera leur lot au retour du front - aucun homme, dans les années 40, ne voulait pour épouse d’une femme amputée ou traumatisée. Il est aussi question du vécu universel de la guerre : la déshumanisation progressive, les syndromes post-traumatiques… Après la claque de La Fin de l’homme rouge, je suis indéniablement une grande fan du travail de Svetlana Alexievitch, qui révèle brillamment le récit collectif à partir des mémoires intimes. Par ailleurs, la diversité des vécus et des opinions rappelle que LA grande histoire cache une infinité de versions, parmi lesquelles il est bien illusoire de tenter d’élire une vérité.
J’ai beaucoup aimé Le Mal Joli, roman auto-fictionnel d’Emma Becker qui nous raconte, en temps réel, la naissance et la floraison d’une passion amoureuse. Lui est un écrivaillon de la rive gauche, en couple libre, père d’enfants déjà grands… tandis qu’elle se retrouve écartelée entre son amant et ses jeunes enfants, vite jaloux du temps et de l’attention qu’elle ne leur consacre plus. Avec franchise et 0 complaisance, l’autrice témoigne de l’intensité, de l’excitation et de l’aliénation que provoque en elle cette liaison interdite, aussi douloureuse que délicieuse. Sans retenue, elle décrit ses parties de jambes en l’air avec une gourmandise et une crudité que se permettent peu d’autrices. “Elle me gêne”, m’a dit une copine. Sans qu’il m’ait bouleversée, j’ai trouvé ce récit bourré d’intelligence, de vivacité, d’humour et de fraîcheur. Le sujet rappelle Passion Simple d’Annie Ernaux - dans un style bien plus cru, sensuel, personnel et extravagant.
Le projet de devenir végétarienne n’a pour l’instant jamais survécu à une planche mixte ou au tartare d’un bon restau, mais je n’avais jamais ressenti autant de tristesse et d’écœurement qu’à l’écoute de ce bouleversant podcast documentaire, intitulé Le Monde après le spécisme : en finir avec l’oppression des animaux. La série revient sur l’idéologie qui nous permet de légitimer l’exploitation des animaux : le spécisme. “Discrimination fondée sur l’appartenance à une espèce”, elle est ce qui impose une hiérarchie entre humains et animaux, et entre les animaux eux-mêmes. Poignants, riches et stimulants, les 4 épisodes rappellent combien notre rapport aux animaux est construit, arbitraire, contradictoire, et mettent en avant la violence de cette exploitation pour les animaux ainsi que les travailleurs du secteur. Le docu donne à entendre les témoignages de ces derniers - déchirants - et de celles et ceux qui se battent pour la cause animale. Il a été réalisé par la journaliste Pauline Chanu, dont j’avais beaucoup aimé les séries Les fantômes de l’hystérie, et plus encore Laisse parler les femmes / Fais parler les hommes.
La série Empathie, qui m’a fait lâcher 24€ à MyCanal (car dieu sait pourquoi, après 3 ans à partager, le beau-père de mon ex a brusquement changé de mot de passe). Alors, je n’ai pas tout aimé. La série m’a parfois semblé cafardeuse, même si les touches d’humour lui évitent de sombrer dans le mélo. L’apparition récurrente de danseuses en tutu noir - symboles des agitations psychiques des personnages - m’a laissée de marbre, et l’histoire d’amour de la série m’a étonnamment peu touchée. En revanche, j’ai adoré l’humanité, l’authenticité et la subtilité avec lesquelles le sujet des maladies psychiques, auquel je n’avais jamais été confrontée d’aussi près. J’ai aussi été bluffée par le personnage principal, psychiatre à la répartie tranchante interprétée par Florence Longpré, complètement fascinante dans l’exercice de son métier. Sans oublier l’accent québécois qu’il m’a fait très plaisir d’entendre tout au long de ces 10 épisodes. Mais je vous préviens, on n’est pas dans le feel good. Le trailer.
Dans un autre registre, cela fait deux fois qu’une interlocutrice me répond “Violette” quand je lui demande d’où vient la jolie ligne irisée qui sublime ses paupières. J’ai regardé et ça a l’air hyper quali, naturel, éthiquement conçu. J’ai juste pensé “trop cher” avant de me rappeler que dans 1 mois, c’est Noël et mon anniv’ 🤑 L’avantage d’avoir une newsletter pour faire des demandes subtiles ➡️ j’adore ça et ça.
Boring, l’immobilier ? Pas sur la chaîne Youtube de Matera (“le syndic du 21ème siècle”), dont les vidéos tiennent en haleine comme des séries Netflix. Du boom d’Airbnb à la lente chute des HLM, en passant par la plus grande arnaque immo française ou la crise du logement actuelle, Matera décrypte tout avec clarté, concision, zéro jargon. À binger : l’histoire de Grigny 2, ou la descente aux enfers d’une des plus grandes copros d’Europe. Plus récemment, ils sont revenus sur le drame de la rue d’Aubagne et ce qu’il révèle du mal-logement en France.








