La Newsletter de Louise Hourcade

Mes recos

Frangipane mood

Séries, podcasts, romans, expos, spectacles, restaus, paire de chaussons... Mes coups de coeur du mois + mes envies pour l'an 2026.

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Louise Hourcade
janv. 18, 2026
∙ abonné payant

Coucou chères personnes,

J’espère que vous allez bien !

À l’heure où je vous écris, j’ai de la frangipane dans le sang et entendu “bonne année” plus que nécessaire. Le moral est bon mais c’est tout, tout récent : comme après 100% des vacances à la montagne, j’ai eu le blues toute la semaine.

Exception faite des 18 craquages nerveux qui ont ponctué les sorties à ski de rando, le séjour fut joyeux et hors du temps. La beauté immuable et rassurante des montagnes, l’air vif et pur, le retour au refuge les joues rosies, les gros goûters régressifs, les saunas brûlants, l’unique barre de 3G qui rend l’idée d’une story parfaitement vaine, les chants qui prennent comme une traînée de poudre autour du copain guitariste, les paupières lourdes au dessert…

Le paradis blanc

Le retour à la ville, heureusement vite sublimée par un ravissant voile blanc, constitua une petite redescente - au sens propre comme figuré.

Devant la floraison de résolutions sur les réseaux, j’ai ressenti cette paralysie qui me saisit dès qu’il s’agit de rêver pour ma petite personne. La faute à un petit biais de négativité, une propension à l’indécision et une difficulté à me projeter dans le temps (coucou chers P), j’ai toujours du mal à fixer un cap.

J’ai d’abord snobé l’exercice, prétextant que je ne voulais pas plus d’injonctions dans ma vie. La vérité, bien sûr, c’est que verbaliser des désirs - et risquer d’échouer à les concrétiser - me fait peur. D’ailleurs, ça fait au moins 5 ans que “lire plus” et “trouver un sport qui ne m’est pas pénible” figurent en vain dans mes résolutions. Je ne vois pas pourquoi la chenille deviendrait enfin papillon en 2026 🙄

Bon, pas besoin d’avoir fait psycho pour saisir que ce cynisme de vieille aigrie a de quoi tuer dans l’oeuf toute velléité de changement. D’autant que certaines intentions, à force d’être formulées, finissent par porter leurs fruits. Victoire Tuaillon raconte ici qu’elle est devenue sportive à 36 ans après des centaines de tentatives infructueuses. Moi, c’est le chant que j’ai repris en septembre en m’inscrivant dans non pas une, mais deux chorales, après des années à griffoner l’idée sur des feuilles volantes.

Alors, quand bien même la candeur du rituel me saute aux yeux, je me fais violence pour quitter le mode “pilote automatique”, envisager la nouvelle année comme une page blanche et imaginer une suite qui me fasse un peu vibrer. Le tunnel hivernal me semble tout à fait propice à cette petite introspection.

Et en vrai, à mesure que je démêle les fiertés des ratés, que je me confronte à des frustrations inconfortables et que je sors de la passivité pour imaginer comment vivre ma MEILLEURE vie en 2026, je ressens l’énergie circuler.

@ohpet.art

Ci-dessous, je vous raconte ce que je pense noter dans mon carnet flambant neuf. Si les ramifications de mon monde intérieur ne vous intéressent pas, passez direct aux recos bien sûr. 😤

Prendre soin de mon petit corps

Cliché, boring, mais tant pis. Sans doute l’influence de Lauren Bastide, qui rabâche sans cesse combien il est important de bien boire / manger / bouger pour aller bien.

Je cuisine plus qu’avant. Rien de raffiné, mais l’aspect manuel me détend et ça me fait très plaisir de manger des trucs sains qui ne soient pas hyper fades - ça m’émerveille, ce qu’on peut faire avec des légumes, des épices... Cette année, j’aimerais m’aventurer hors de mon triangle de confort (quiches / pâtes / légumes rôtis) et tester plein de nouvelles recettes.

Traumatisée par les insomnies du printemps dernier, j’ai un peu ralentis la cadence. En semaine, ça m’arrive plus souvent de passer des soirées à la maison, j’évite de rentrer chez moi à minuit 37 avec 2 pintes à digérer, je n’éteins pas sans avoir avalé mes deux pilules de mélatonine… Résultat, je dors mieux et sans surprise, c’est vertueux pour l’humeur, l’énergie, la mémoire et le teint.

Prochain projet, précipité par ma perf’ pathétique à ski de rando : retrouver une routine sportive assez plaisante pour que je m’y tienne plus de 3 semaines.

M’investir dans des projets collectifs

J’ai toujours su que j’étais sociable, mais mon besoin d’indépendance a longtemps brouillé les pistes… Jusqu’à mes premières années de taff en freelance, où je me suis retrouvée à subir une solitude tristoune et angoissante.

Quelques années plus tard, j’y ai largement remédié. J’ai fini par capter que j’aimais (aussi) bosser en équipe, j’ai rejoint un coworking qui me fait tous les jours l’effet d’une famille, je me relance dans un projet théâtre en plus de la chorale, je fais mes courses dans le supermarché le plus sociable d’Île-de-France et me suis découvert un attrait pour la vie en communauté, les festivals & co… Je ne m’en sens pas encore rassasiée, alors je reste à l’affût.

Faire des rencontres

Dans le même esprit, j’adore rencontrer des gens, mais ça passe souvent après tout le reste. Cette année, j’espère taper la discut’ à des inconnus, proposer des cafés à des gens qui ✨m’inspirent ✨, aller aux anniv même si je ne connais que 2 gus sur 60. Et rassembler des copains, car rien ne me frustre plus que les bandes de potes hyper cloisonnées.

Écouter mes besoins

Il fut un temps où j’écrivais tous les matins, conformément à la consigne de Julia Cameron dans son cultissime Libérez votre créativité. Mais j’ai peu à peu laissé tomber cette habitude fastidieuse qui me donnait l’impression de passer ma vie à me regarder le nombril.

2-3 ans plus tard, je crois qu’il me manque des rendez-vous avec moi-même pour prendre la température, vérifier que j’avancer de façon lucide et alignée… et éviter de m’endormir dans des automatismes semi-satisfaisants.

Cette newsletter de Victoria Guillomon m’a donné envie de l’imiter. Très attachée aux rituels qui lui assurent une colonne vertébrale, elle fait ça dans son journal :

Chaque fin de mois, je fais un bilan global des 4 semaines écoulées et je réponds à quatre questions :

1 – quels sont mes accomplissements ?

2 – quels sont mes plus beaux souvenirs ?

3 – qu’est-ce qui a évolué en moi ?

4 - quels ont été mes différents états émotionnels ?

Questions auxquelles j’aimerais ajouter : Qu’est-ce qui m’a pesé ? De quoi j’ai eu envie ? Qui m’a inspirée ? Qu’est-ce que je peux mettre en place dès le mois prochain ?

Être plus sincère

Je suis du genre “livre ouvert”. Dire ce que je pense, prendre position, tout ça ne me pose aucun problème quel que soit le contexte. J’ai même du mal à me retenir de le faire.

En revanche, me dévoiler sur un registre intime me coûte bien plus. Faire des demandes liées à ça, n’en parlons pas. Je ne sais pas très bien d’où ça vient : question d’égo ? de pudeur ? de confiance ? peur de déranger ? de me prendre un mur ? Une chose est sûre : l’autonomie me garantit de rester en contrôle.

Il n’y a guère que ma soeur et mon ex, resté un ami, avec qui je peux me montrer très vulnérable sans me sentir menacée. Par exemple, ce sont les seuls que je me sens d’appeler quand ça ne va pas, ou à qui j’ose demander des services “relous” (relire mes newsletters, m’aider à déménager…).

Ce ne serait pas un problème si ce fonctionnement ne s’accompagnait d’aucune frustration. Mais quand quelque chose me chiffonne : je rumine dans mon coin, j’en veux aux autres de ne pas deviner, j’accumule du ressentiment…

Je ne sais pas si je vais y arriver, mais j’aimerais essayer de moins garder les choses pour moi cette année.

M’autoriser à rêver

Je suis un peu nostalgique de l’école et des études, cette époque bénie où chaque nouvelle année impliquait automatiquement une progression, moult apprentissages, des rites de passage gratifiants…

Ce super épisode de Change ma vie met le doigt sur l’impression d’éternel recommencement que l’on peut ressentir à l’âge adulte. Il rappelle aussi que rien ne nous y condamne… à condition de se poser 2-3 questions, de prendre les manettes et de se lancer dans des projets vivifiants.

Pour moi, ça vaut pour le pro et le perso. J’aimerais établir une liste de “clients / projets de rêve”, par exemple, et m’obliger à les contacter. Me donner les moyens de faire davantage connaître cette newsletter. Réfléchir à ce que j’aimerais vivre et apprendre cette année. Me lancer des défis rigolos (inspi = Sophie).

Continuer à me disperser

Petite, on m’a gentiment reproché d’être une girouette, et j’ai grandi avec la conviction que je n’arriverais à rien sans me canaliser.

À la soirée de Noël Voxe, un atelier tarot m’a convaincue d’arrêter de me brider. À Joy Pinto et ses jolies cartes, j’ai confié la question suivante : “dois-je arrêter de m’éparpiller professionnellement ?”.

J’ai tiré trois cartes (ci-dessous) dont le sens m’a semblé limpide. Pourtant peu portée sur l’astrologie & autres pratiques ésotériques, je me suis sentie étrangement autorisée à honorer mon besoin de dispersion et d’aventure.

Je me laisse jusqu’à fin janvier pour cogiter sur tout ça et remplir mon “bingo 2026” (plus facile et fun que cette lonnngue introspection que je me suis imposée 3 ans de suite).

Avant de passer aux recos du mois, je voulais tous vous remercier pour vos lectures, vos retours riches et personnels, vos partages, vos encouragements, vos compliments adorables et vos critiques toujours constructives. C’est une joie, une fierté et un honneur de vous avoir pour lecteurs !

Et puis, un immense merci à toutes celles et ceux qui ont opté pour la version payante de cette newsletter. Si je peux y accorder plus de temps, si j’ai vécu plus sereinement de ma plume cette année, c’est grâce à vous. C’était un pari très incertain, et je suis infiniment surprise, touchée et reconnaissante de votre soutien. ❤️🙏

Et parce que la nouvelle année me semble un super prétexte à une prise de recul collective, je vous ai concocté un petit questionnaire. Vos réponses seront partagées sous forme d’une constellation de témoignages. Hâte de vous lire !! 😘

Je participe <3

Javi Aznarez

Il y en a une vingtaine. Je ne peux pas décemment vous parler de Heated Rivalry, n’ayant vu que deux épisodes pour l’instant… mais je vous souhaite de trouver un code d’ici sa sortie en France. 🤩❤️‍🔥

  1. L’entrée dans l’hiver a été assez douce, et c’est sans doute un peu grâce à Los Años Nuevos, série espagnole délicate et sensuelle que j’ai regardée lentement pour faire durer le plaisir. Épisode 1 : Ana, serveuse, et Óscar, médecin, se rencontrent lors d’une soirée de Nouvel An et rentrent ensemble au petit matin. La série immortalise l’histoire d’amour, d’autant plus touchante qu’elle est ordinaire, de ces deux madrilènes que l’on retrouve d’un Nouvel An à l’autre. Les hauts et les bas de la relation amoureuse observée sur 10 ans, ça m’a rappelé la série de Bergman Scènes de la vie conjugale, chef d’oeuvre inégalé sorti en 1975. Si certains épisodes m’ont semblé un peu sombres, et l’ensemble un brin inégal, j’ai été conquise. Depuis, j’ai écouté ce morceau 37 fois et j’ai hyper envie de vacances en Espagne.

  1. J’ai enfin terminé La tante Julia et le scribouillard, un bonbon signé Mario Vargas Llosa, célèbre péruvien récompensé du prix Nobel. Le fil rouge du roman, c’est l’histoire d’amour semée d’embûches entre Varguitas, écrivaillon fougueux de 18 ans mollement investi dans des études de droit - Vargas Llosa jeune - et Julia, belle et volcanique divorcée de 32 ans. L’intrigue principale est entrecoupée de nouvelles hautes en couleurs signées par un personnage fantasque : Pedro Camacho, feuilletoniste vedette de la radio péruvienne, dont la créativité obsessionnelle force l’admiration du narrateur. Humour piquant, imagination rocambolesque, délicieux mélange de kitsch et de profondeur, empathie saisissante, langue riche, dense et vivifiante… J’ai savouré chaque phrase de ce roman jubilatoire, très bel hommage à la littérature et à l’imagination des écrivains. Merci à mon papa et à Bosco pour la reco. Quote :

Je lui expliquai que l’amour n’existait pas, que c’était une invention d’un Italien appelé Pétrarque et des troubadours provençaux. Que ce que les gens croyaient être un jaillissement cristallin de l’émotion, une pure effusion du sentiment, était le désir instinctif des chats en chaleur dissimulé sous les belles paroles et les mythes de la littérature. Je ne croyais rien à cela, mais je voulais me rendre intéressant.

  1. Je suis devenue accro aux vidéos de Philgood, cette blonde au visage poupin que j’étais pourtant prête à classer “pestouille de la rue des Martyrs”. Demandes en mariage, Linkedin, notes vocales, clubs de running, rétrospectives Spotify, EVJF… Elle dissèque avec une précision réjouissante les micro-désolations de la vie de trentenaire parisien. Dans le puits sans fond des contenus “humour” sur Instagram, elle sort clairement du lot avec un rythme soutenu, des textes acérés et des sujets dans lesquels mes paires et moi nous reconnaissons systématiquement.

@philgood___
Philgood 🌞 on Instagram: "Je l’ai pris pleine fig

#lycee #po…
  1. J’aurais aimé citer Lumir Lapray dans ma dernière newsletter - merci à Julie qui m’a parlé de son travail 🙏. Autrice de l’essai Ces gens-là, elle se définit comme “activiste rurale” et s’est donné pour mission la lutte contre la montée de l’extrême droite dans les campagnes françaises. Et cela en encourageant les collages antifa à renouer avec le dialogue, l’écoute et la curiosité quand on habite à la campagne ou quand on discute avec un proche pro-RN. Son combat, c’est aussi reconnecter la gauche aux aspirations des classes populaires rurales, notamment à l’occasion des municipales à venir. Quelles que soient vos convictions politiques - moi c’est “paumée” - elle est intéressante, solaire et fédératrice. Vous pouvez l’écouter discuter ici avec Victoire Tuaillon.

  1. J’ai trouvé super le documentaire Nos oeufs au congélo, le temps de la réflexion, de Delphine Dhilly. Alors que la loi le permet aux françaises de 29 à 37 ans depuis 2021, il donne la parole aux premières femmes qui ont décidé d’entamer une démarche de congélation d’ovocytes. Fin, profond et empathique, le documentaire dépasse largement le procédé médical pour saisir ce que ce phénomène de société dit de l’évolution des aspirations des femmes, de leur besoin de penser leur désir d’enfant et les modalités de parentalité dans lesquelles elles aimeraient le concrétiser. Il permet aussi d’appréhender le rapport au temps - serré - dans lequel ces réflexions s’inscrivent, et met très bien en lumière cette déconnexion croissante entre la temporalité de nos corps et celle de nos parcours. À voir sur France TV.

  1. Je vous conseille l’expo consacrée à Kandinsky à la Philharmonie de Paris, que j’ai parcouru avec une conférencière - copine de chorale. Le grand plus de l’expo : la possibilité de se plonger dans les oeuvres avec un casque sur les oreilles, histoire d’éprouver concrètement les correspondances entre peinture et musique explorées par le “père de l’abstraction”. On y découvre son histoire personnelle, le “choc musical” provoqué par une symphonie de Wagner alors qu’il est encore jeune juriste à Moscou, ainsi que l’évolution de son travail au contact de l’effervescence musicale de son époque. Étant sensible à l’esthétique colorée, joyeuse et foisonnante de ses peintures, j’ai beaucoup aimé cette expo immersive, pas trop longue, bien racontée. Attention, il y a du monde, je déconseille le créneau de 16h le samedi. 📆 Jusqu’au 1er février.

Mon pref’

J'oublie pas ton questionnaire !!

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